L’Herbier · Pratique
Conserver ses fleurs
Une fleur de chanvre est un végétal sec. Elle garde son parfum quand on la protège de la lumière, de l’air, de l’humidité et de la chaleur. Une étude de 1976 place la lumière en tête.
Pourquoi la lumière est-elle la première ennemie ?
La lumière est le facteur qui fait perdre le plus aux fleurs stockées, d’après une étude publiée en 1976.
En 1976, trois chercheurs ont conservé des fleurs, des résines et des solutions de cannabinoïdes de différentes façons, jusqu’à deux ans. L’exposition à la lumière, même sans soleil direct, est le plus grand facteur de perte des cannabinoïdes.
Rangez le bocal dans un placard ou un tiroir. Un verre teinté filtre une partie de la lumière. Un placard fermé la coupe tout à fait. Évitez le rebord de fenêtre et l’étagère en plein jour.
Que fait l’air à vos fleurs ?
L’air oxyde les fleurs, lentement. Dans la même étude, l’oxydation par l’air entraîne des pertes importantes, même dans l’obscurité.
Les auteurs relèvent un autre point. Les petites glandes de résine, à la surface de la fleur, servent d’écrin naturel. Touchez-les le moins possible.
Le parfum d’une fleur, ce sont des molécules odorantes qui passent dans l’air. Un bocal laissé ouvert les laisse partir. Ce que cela change chez vous :
- Un bocal à fermeture hermétique plutôt qu’un sachet ouvert et refermé.
- Un bocal à la taille de ce qu’il contient, pour laisser peu d’air au-dessus.
- Des fleurs entières, touchées le moins possible, plutôt qu’émiettées à l’avance.
- Un bocal qu’on ouvre seulement quand c’est utile.
La chaleur abîme-t-elle vraiment les fleurs ?
À température ambiante, la chaleur compte moins que la lumière et l’air, d’après l’étude de 1976. Jusqu’à 20 °C, les auteurs n’ont pas mesuré de différence notable liée à la température.
Au-delà, l’étude ne conclut rien. Nous n’en concluons rien non plus. Un radiateur, une voiture garée au soleil ou le dessus d’un appareil montent pourtant bien plus haut. Par prudence, choisissez une pièce tempérée, où la température reste stable.
Quelle humidité faut-il éviter ?
Il faut éviter un air humide : l’humidité fait venir la moisissure.
Un produit sec finit par prendre l’humidité de l’air qui l’entoure. À l’équilibre, son activité de l’eau est égale à l’humidité relative de cet air. Or moisissures et levures commencent à se développer vers une activité de l’eau de 0,61. Autrement dit, autour de 61 % d’humidité relative.
Quelques gestes suffisent :
- Pas de bocal dans la salle de bains ni près de la cuisine.
- Un bocal propre et bien sec avant de le remplir.
- Un duvet blanc ou gris, ou une odeur de moisi : ne gardez pas le produit et parlez-en au comptoir.
Combien de temps se garde une fleur ?
Bien préparée et rangée dans l’obscurité à température ambiante, une fleur ou une résine reste raisonnablement stable un à deux ans, selon l’étude de 1976.
Un à deux ans reste un ordre de grandeur. Le parfum, lui, se perd plus vite dans un bocal mal fermé. Le plus simple reste de choisir un petit format, puis de revenir à la prochaine cueillette.
La plupart des fleurs du catalogue se vendent dès 1 g. Les résines se vendent dès 3 g.
Questions fréquentes
Peut-on garder ses fleurs dans leur sachet ?
Un sachet qu’on ouvre souvent laisse entrer l’air. Pour garder le parfum, versez les fleurs dans un bocal hermétique, rangé à l’abri de la lumière.
Faut-il mettre ses fleurs au réfrigérateur ?
L’étude de 1976 n’a pas mesuré de différence notable liée à la température jusqu’à 20 °C. Une pièce sèche, sombre et tempérée est déjà une bonne place. Pour Ice O’ Lator, dont la fiche indique « conservée au froid », demandez conseil au comptoir.
Quelle humidité éviter autour d’un bocal ?
Autour de 61 % d’humidité relative, moisissures et levures peuvent commencer à se développer sur un produit sec. Évitez la salle de bains et la cuisine.
La résine se conserve-t-elle comme la fleur ?
Oui, les mêmes ennemis valent pour les deux : la lumière, l’air et l’humidité. L’étude de 1976 porte à la fois sur des fleurs et des résines.
Les lots cités
Pour continuer
Sources
- Fairbairn J. W., Liebmann J. A., Rowan M. G., « The stability of cannabis and its preparations on storage », Journal of Pharmacy and Pharmacology, 1976, 28(1), p. 1-7. Consulté le .
- Fontana A. J., « Water Activity’s Role in Food Safety and Quality », Food Safety Magazine, 1er février 2001. Consulté le .
Article de La Cueillette du CBD. Il informe, il ne promet aucun effet. Publié le , mis à jour le .
